Du miel "sans OGM" ? Un sujet qui fait controverse.

Actuellement, on trouve des intitulés très divers sur les pots de miel, tels que: « Mélange de miels originaires et non-originaires de la CE ». Au client de comprendre ! En effet, la réglementation européenne ne donne aucune directive strice à propos de ces mentions légales mais cela pourrait bientôt évoluer.


Ainsi, les 14 et 15 janvier 2014, un projet de loi va être étudié par les députés européens à Bruxelles: la qualification du pollen comme "ingrédient" et non comme "constituant" du miel. Cette proposition, qui peut paraître sans conséquence, serait en fait importante si elle était acceptée: elle obligerait l'inscription d'une mention "avec OGM" sur tous les pots de miel contenant plus de 0,9% de pollen génétiquement modifié.


Une proposition qui ne fait pas l'unanimité

La question divise les apiculteurs en France. Ainsi, deux syndicats francais s'y opposent: la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) et le Syndicat des producteurs de miel de France (SPMF). Ces derniers considèrent que cette mesure aurait des conséquences néfastes pour le milieu de l'apiculture et du miel. L'Institut de l'abeille (Itsap) explique ainsi dans une note du 6 janvier dernier que: « considérer comme ingrédient uniquement les pollens pouvant être OGM entraînera l'obligation d'un étiquetage OGM pour des miels n'en contenant à l'évidence que quelques grains et ce de manière fortuite ; ce qui sera bien évidemment préjudiciable pour l'image du miel et pour l'avenir de la filière ». Claude Noël, président de la Fédération des coopératives apicoles de France (Fedapi), s'inquiéte également des risques d'une telle mesure : « L’enjeu est très important pour l’image du produit. À terme, il risque d’y avoir beaucoup de miel OGM sur le marché alors que le pollen ne représente qu’une portion infime du produit ».


A l'inverse, l'Unaf (l'Union nationale de l'apiculture française) est favorable à l'étiquetage des OGM dans le miel car elle obligerait selon elle, les apiculteurs, les revendeurs et les clients à se poser la question de la coexistence des ruches avec les OGM. L'Unaf déplore ainsi qu'aucune étude ne soit faite actuellement pour évaluer les conséquence des OGM sur les abeilles et elle pense que cette mesure pourrait permettre de faire évoluer les mentalités et de combattre plus efficacement les OGM.


Les insitutions européennes sont également divisées sur le sujet. La Comission environnementale du Parlement européen s'est montrée favorable à un étiquetage alors que la proposition de la Commission européenne, en 2012, avait rejeté cette idée de traçabilité. Les gouvernements vont également devoir étudier le sujet avant des tractactions entre les trois instutions européennes et un arbitrage final.


70% du miel vendu en supermarché est importé

Si tous ne sont pas d'accord sur ce projet d'étiquettage c'est que l'importation du miel en France est aujourd'hui très importante: 25000 tonnes arrivant majoritairement de Belgique et d'Espagne qui eux-mêmes importent du miel de Chine ! On comprend dès lors beaucoup mieux la fameuse mention « Mélange de miels originaires et non-originaires de la Communauté européenne » … La situation fait penser à celle de la filière viande, qui a fait tant de remous, surtout quand on rapelle que les méthodes de production du miel en Chine sont nettement moins réglementées qu'en Europe et que les OGM y sont autorisés.

Sources: La France agricole et Novethic

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