Tendances suicidaires: les abeilles pourraient les expliquer et les prévenir


Le comportement suicidaire chez les Hommes et les pensées morbides pourraient être le résultat d'un dysfonctionnement dans le même circuit neurologique que celui utilisé par les abeilles quand elles se sacrifient pour le bien de leur colonie. Une découverte majeure pour la prévention et le traitement des tendances suicidaires, selon la communauté médicale internationale.

Un groupe de chercheurs en psychologie et en psychiatrie, dirigé par le docteur Thomas Joiner, aux États-Unis, vient d'établir un lien entre les tendances suicidaires chez l'être humain et le comportement de sacrifice personnel que certaines espèces animales, comme les abeilles et les fourmis, développent dans des organisations de type eusociale.

En effet, chez les abeilles, l'organisation en colonie implique un certain nombre de comportements destinés à assurer le bien-être et la survie du groupe entier. Soins des plus jeunes, division du travail et défense de la colonie au péril de leur propre vie sont des caractéristiques développées par les abeilles en colonie et que l'on retrouve chez les humains.

C'est en partant de ce constat que l'équipe de Thomas Joiner a pu établir un parallèle entre le comportement sacrificiel de l'abeille, dont le but est de préserver la colonie et la descendance, et les tendances et pensées suicidaires chez l'Homme.

Ainsi, selon les scientifiques, le suicide au sein de l'espèce humaine serait une déformation pathologique du concept de sacrifice personnel: les pensées suicidaires conduisent les malades à croire qu'ils sont un fardeau pour la société et que leur entourage se porterait mieux sans eux.

Un pas vers le traitement des tendances suicidaires?

Selon Thomas Joiner, «l'idée que le suicide chez l'être humain trouve son équivalent chez l'abeille est quelque chose de très prometteur en termes de compréhension des mécanismes en jeu. Jusqu'à présent, le suicide constituait un phénomène déroutant, car inexplicable du point de vue biologique, mais nos recherches pourraient ouvrir la voie à de nouvelles découvertes qui permettraient de prévenir cette grave souffrance.»

Après s'être intéressé au comportement des abeilles, le groupe de recherche de Thomas Joiner tente désormais de découvrir chez les insectes, au niveau cérébral, quels circuits neurochimique et neuropsychique sont impliqués dans le déclenchement du comportement sacrificiel. En effet, si un tel mécanisme existe chez l'animal, il y a de fortes probabilités de le retrouver également chez l'Homme, et donc de pouvoir, à l'avenir, agir sur lui pour améliorer la prévention du suicide, voire traiter les tendances suicidaires efficacement.

Même si la théorie reste pour l'instant hypothétique, elle retient cependant l'attention de la communauté médicale internationale: depuis quelques années, le nombre de suicides atteint des niveaux dramatiques, notamment chez les plus jeunes. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), depuis 2012, un suicide a lieu toutes les 40 secondes dans le monde. En Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) estime à 4 par jour, le nombre de décès dus au suicide, ce qui place la Confédération parmi les pays dont le taux de suicide est plus élevé que la moyenne européenne.

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